Quand on parle de travaux de toiture, certains mots reviennent régulièrement sans toujours être bien compris. Le contre-lattage en fait partie. Avant d’entrer dans le détail, voici ce qu’il faut retenir dès le départ :
- le contre-lattage est une technique utilisée en complément du lattage de toiture
- il repose sur une double structure en bois fixée sur la charpente
- il crée un espace pour la circulation d’air entre la couverture et le support
- il intervient dans la ventilation, la gestion de l’eau et la durabilité du toit
Cette base posée, voyons concrètement à quoi sert le contre-lattage, comment il se distingue du lattage classique sur chevron et pourquoi il occupe une place centrale dans une rénovation ou une construction de toiture réalisée avec soin.
Lattage et contre-lattage : quelles différences ?
Le lattage est une technique bien connue des couvreurs. Le lattage consiste à fixer des liteaux, généralement en bois traité, parallèles entre eux sur la charpente. Ces liteaux forment une base régulière destinée à recevoir les éléments de couverture comme la tuile ou l’ardoise. Chaque liteau est posé horizontalement, avec un entraxe précis défini par le type de matériau de couverture, la pente du toit et les normes du fabricant.
Le contre-lattage vient compléter ce dispositif. Il consiste à fixer une première rangée de lattes, appelées contre-lattes, perpendiculairement aux liteaux. Ces pièces de bois sont clouées directement sur les chevrons ou les fermettes de la charpente, avant la pose du lattage. On parle alors de lattage et contre lattage, formant une structure en double ossature.
Concrètement, le contre-lattage crée un espace continu entre l’écran de sous toiture et les liteaux sur chevron. Cette lame d’air joue un rôle technique précis dans la gestion de l’humidité, de la condensation et des infiltrations liées à la pluie ou à la vapeur d’eau.
Une structure essentielle pour une toiture durable

Dans une toiture moderne, la superposition des couches répond à une logique bien définie. On retrouve la charpente, l’écran de sous toiture, le contre-lattage, le lattage, puis les matériaux de couverture. Chaque élément a une fonction précise et participe à la durabilité de l’ensemble.
Le contre-lattage renforce la structure globale du toit. En étant fixé dans l’axe des chevrons, il répartit mieux la charge des tuiles ou des ardoises sur la charpente. Cette méthode limite les points de contrainte et améliore la résistance mécanique de la couverture dans le temps, notamment face aux intempéries.
Sur une rénovation, le contre-lattage est particulièrement utile lorsque la surface du support présente de légères irrégularités. Il aide à retrouver un alignement correct des liteaux et une pose régulière du premier rang de tuiles. Un artisan couvreur expérimenté y voit une base fiable pour une mise en œuvre soignée.
Ventilation et étanchéité : des enjeux majeurs
La ventilation sous la couverture est une obligation prévue par les DTU en vigueur. Sans circulation d’air entre la couverture et l’écran de sous toiture, l’humidité s’accumule, la condensation apparaît et la longévité des matériaux diminue fortement.
Le contre-lattage crée un espace continu, appelé lame d’air, entre la membrane pare pluie et les liteaux. Cet air circule du bord inférieur du toit jusqu’au faîtage, favorisant l’évacuation de la vapeur d’eau. Ce principe limite les risques d’infiltration, de moisissures et de déformation du bois.
En pratique, cette ventilation fonctionne aussi bien avec une tuile qu’avec une ardoise. Elle s’adapte à chaque type de couverture, à condition de respecter la pente du toit et les sections de bois recommandées. Une réalisation négligée à cette étape peut entraîner des désordres visibles en quelques années seulement.
Pose et normes : ce qu’il faut savoir
La pose du contre-lattage répond à des règles précises. Les contre-lattes doivent être fixées parallèlement à la pente du toit et alignées avec les chevrons. Cette fixation se fait par clouage ou vissage, avec une attention particulière portée à la qualité du bois utilisé.
Les dimensions couramment admises pour les contre-lattes sont de 36 mm de largeur pour 20 mm d’épaisseur minimum. Ces sections assurent une bonne tenue dans le temps et un espace d’air suffisant sous la couverture. Le bois doit être traité pour résister à l’humidité et aux variations de température.
Les DTU de couverture précisent également les conditions de pose selon le type de matériau, la zone climatique et la pente. Le respect de ces normes conditionne la conformité de l’installation et la tranquillité du client sur le long terme. Une entreprise de rénovation sérieuse s’y réfère systématiquement lors de la mise en place.
Isolation performante : le rôle du contre-lattage technique
Le contre-lattage ne se limite pas à la toiture. Dans les projets d’isolation thermique, on parle de contre-lattage technique. Cette méthode repose sur la création d’une double ossature, utilisée côté intérieur, pour poser l’isolant et les finitions sans détériorer l’étanchéité à l’air.
Cette technique consiste à poser une première couche d’isolant entre les chevrons ou les montants, puis à ajouter un contre-lattage perpendiculaire. Ce vide technique sert au passage des gaines électriques et à la pose d’un pare vapeur continu, sans percer la membrane.
Le résultat est une isolation plus homogène, avec moins de fuites d’air parasites. Cette solution est particulièrement appréciée en rénovation énergétique, notamment dans les maisons des années 70 ou 80. Elle s’adapte aussi bien aux isolants classiques qu’aux matériaux écologiques.
Pourquoi adopter le contre-lattage pour vos travaux ?
Le contre-lattage est une technique de construction qui répond à plusieurs objectifs concrets en toiture comme en isolation. Il consiste à fixer une ossature en bois perpendiculaire au lattage, créant un espace d’air entre la couverture et le support. Cette configuration favorise la ventilation, limite la condensation et protège la structure face à l’humidité et aux infiltrations d’eau.
Dans un projet de rénovation ou de construction, adopter le contre-lattage, c’est choisir une méthode éprouvée, conforme aux normes DTU et adaptée aux exigences actuelles en matière de durabilité et de confort. Pour un propriétaire, cela représente un choix raisonné, à condition que la mise en œuvre soit confiée à un artisan couvreur qualifié.
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